LA VOIE DE L'AMOUR
         

   
   
   
   
   
   
   
   
   
   

 

 

Aimer la main ouverte...

« Une personne compatissante, voyant un papillon lutter pour se libérer de son cocon et voulant l’aider ; écarta avec beaucoup de douceur les filaments pour dégager l’ouverture. Le papillon libéré sortit du cocon et battit des ailes mais ne put s’envoler.

Ce qu’ignorait cette personne compatissante, c’est que c’est seulement au travers du combat pour la naissance que les ailes peuvent devenir suffisamment forte pour l’envol. Sa vie raccourcie, il la passa à terre. Jamais, il ne connut la liberté ; jamais, il ne vécu réellement. »

Apprendre à aimer la main ouverte est une tout autre démarche. C’est un apprentissage…

Apprenons qu’il est important de laisser libre quelqu’un que nous aimons parce que, si nous nous agrippons, si nous nous attachons, si nous essayons de contrôler, nous perdons ce que nous tentons de garder. Si nous essayons de changer quelqu’un que nous aimons, parce que nous sentons, que nous savons comment cette personne devrait être, nous lui volons un droit précieux, le droit d’être responsable de sa propre vie, de ses propres choix, de sa façon de vivre.

Chaque fois que nous imposons nos désirs ou notre volonté, ou que nous essayons d’exercer un pouvoir sur une autre personne, nous la dépossédons de la pleine réalisation de sa croissance et de sa maturation. Nous la brimons et la contrecarrons par notre acte de possession, même si nos intentions sont les meilleures.

Nous pouvons brimer et blesser en agissant avec la plus grande bonté, pour protéger quelqu’un. Et, une protection et une sollicitude excessives peuvent signifier à une autre personne plus éloquemment que des mots : « Tu es incapable de t’occuper de toi-même, je dois m’occuper de toi parce que tu m’appartiens, je suis responsable de toi. »

Au fur et à mesure de notre apprentissage et de notre pratique, nous pourrons dire à quelqu’un que nous aimons :

« Je t’Aime, je t’estime, je te respecte et j’ai confiance en toi.

Tu as en toi ou tu peux développer la force de devenir tout ce qu’il est possible de devenir, à condition que je ne me mette pas au travers de ton chemin.

Je t’Aime tant que je peux te laisser ta liberté de marcher à côté de moi, dans la joie et dans la tristesse.

Je partagerai tes larmes mais je ne te demanderai pas de ne pas pleurer.

Je répondrai, si tu as besoin de moi, je prendrai soin de toi, je te réconforterai mais je ne te soutiendrai pas quand tu pourras marcher tout seul.

Je serai prête à être à tes côtés dans la peine et la solitude mais je ne les éloignerai pas de toi.

Je m’efforcerai d’écouter ce que tu veux dire, avec tes paroles à toi, mais je ne serai pas toujours d’accord avec toi.

Parfois, je serai en colère, et quand je le serai, j’essaierai de te le dire franchement, de façon à ne pas avoir besoin d’être irritée de nos différences, ni de me brouiller avec toi.

Je ne peux pas toujours être avec toi ou écouter ce que tu dis parce qu’il y a des moments où je dois m’écouter moi-même et prendre soin de moi. Quand cela m’arrivera, je serai aussi sincère avec toi que je pourrai l’être. »

Apprenons à dire cela à ceux que nous aimons et qui sont important pour nous, que ce soit avec des mots ou par notre façon d’être avec les autres et avec soi-même.

Nous ne pouvons pas toujours nous empêcher de mettre nos mains dans le cocon… mais… nous y arrivons, beaucoup mieux, en nous respectant aussi.

Ruth Sanford


 
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