LA VOIE DE L'AMOUR
         

   
   
   
   
   
   
   
   
   
   

 

 

Erection du corps, érection de l'esprit

« Je chante et je danse pour mon sissoyen
Il est dressé vers le ciel
Comme la Tour Eiffel »

La plus fréquente position naturelle du pénis est de pendre vers le bas, captant l’énergie de la terre. Si cette direction naturelle n’est pas contrariée, il y a des chances que l’appendice masculin se sente aussi libre quand les circonstances l’invitent à se dresser vers le ciel. Combien d’hommes ne se plaignent-ils pas de troubles d’érection alors qu’ils coincent leur membre en position verticale dans un slip ou un caleçon aussi serré que la cravate qui leur enserre la gorge, ne lui laissant aucune latitude de mouvement ?

Le pénis ne répond ni aux ordres de la tête de son propriétaire, ni aux attentes du ou de la partenaire. Pourquoi dès lors se plaindre du fait qu’il ne réagisse pas contrairement à sa nature ? Autant demander à un robinet de sucer l’eau contenue dans le lavabo. Que les hommes et les femmes obsédés par l’attente et le vouloir, par la programmation et le contrôle de l’érection de leur pénis ou de celui de son partenaire, ne se lamentent pas de l’absence de réponse dudit pénis !

Le pénis ne se met pas au garde-à-vous sur ordre de son sergent instructeur. Il obéit à la circulation d’une énergie qu’on appelle désir, envie, amour, agressivité, ou qu’on désigne de toute autre dénomination qui correspond au point de vue de la personne qui la nomme. S’il ne se dresse pas, c’est simple : l’énergie ne circule pas. A chacun de se demander pourquoi l’énergie circule ou ne circule pas, plutôt que de s’acharner sur une innocente partie du corps qui n’a rien demandé à personne. En acceptant que si l’énergie circule, elle a ses raisons de circuler. Et que si elle ne circule pas, elle a ses raisons de ne pas circuler. A chacun d'en tirer ses conséquences.

Le pénis peut également être activé mécaniquement. Même en l’absence de tout sentiment, de toute émotion et plus généralement de toute circulation d’énergie, il peut être « démarré » comme un de ces vieux tacots dont on lançait le moteur en tournant à une manivelle. Il peut être éveillé par l’action du/de la partenaire, par masturbation, par des médicaments détournés de leur utilisation originale, par un « sex toy », un « cock ring », ou par tout autre moyen matériel ou chimique. Les possibilités ne sont limitées qu’à la capacité d’imagination des partenaires. Bien que cette pratique puisse être particulièrement excitante et/ou réjouissante, l’exclusivité de l’activation mécanique ainsi que sa répétition à long terme est liée à une coupure entre l’être et son désir authentique. L'homme est esclave du monde matériel et de la manipulation. Il ne bande qu’en forçant son sexe à bander.

L’érection peut se réaliser à partir de l’imagination, c'est-à-dire a partir du mental. Suffise que l'homme pense à une paire de seins nus ou à quelque autre objet de fantasme, et voilà que son sexe se dresse affamé de trouver dans le monde réel une incarnation de cedit fantasme. Les femmes disent de ces hommes qu’ils ne suivent que leur sexe. C’est faux. C’est, en fait, leur sexe qui suit leur mental. Certains hommes en évolution spirituelle connaissant très bien le phénomène passager d’absence de toute érection. Quand le pouvoir du mental lâche son emprise sur l’être, le fantasme n’a en effet plus de prise sur l’érection du pénis. Le disciple spirituel traverse alors une phase de connexion à une source d’énergie plus vaste que celle de son seul mental. Son processus d’érection fonctionnera ensuite d’après les lois d’un paradigme qui lui était inconnu jusque là. Ce processus est inconnu des hommes qui confondent évolution spirituelle et masturbation intellectuelle. Pour eux, rien ne change.

L’érection – et surtout la pénétration – ne sont pas que l’affaire de l'homme. Elles dépendent des deux partenaires. Les femmes qui se plaignent du manque d’érection de leur partenaire, d’autant plus si le phénomène se répète avec plusieurs hommes, sont fréquemment celles qui dénigrent la virilité de l’homme, qui le rejettent ou s’en protègent. Elles envoient inconsciemment une injonction à l’homme de rester « in-offensif », tout en lui reprochant mentalement de ne pas être « performant ». C’est ainsi qu’un homme dont l’érection ne présente habituellement aucun problème peut se retrouver « en panne » face à une partenaire déséquilibrée par rapport à l’homme. Le même phénomène peut se produire face à une amazone bouffeuse d’hommes dont l’attaque est la meilleure défense, et/mais qui représente la même méfiance de l’homme.

En érection, certains sexes sont aussi raides qu’une trique. C’est souvent le cas des hommes qui fonctionnent au fantasme. Certains connaisseurs (2) considèrent toutefois que le sexe est naturellement à moitié dressé, encore un peu mou, au moment de la pénétration, et qu’il ne se raidit complètement qu’une fois entré dans le vagin de la femme (ou anus). Si c’est votre cas ou celui de votre partenaire, évitez à tout pris de mettre la pression pour que ce pénis se dresse « comme la tour Eiffel » avant la pénétration. Le résultat ne pourrait qu’être désastreux.

Quoique ce rappel puisse paraître inutile, n’oubliez jamais que le sexe fait partie d’un corps plus global, qu'il n'est pas qu'un appendice sans lien avec ledit reste du corps. Demander au pénis de réagir indépendamment de ce que vit le reste du corps, voir le reste de l’être, c’est chercher les ennuis. Un homme doit déjà être extrêmement sûr de lui pour faire face à une femme qui se focaliserait sur son seul pénis, même et surtout quand les intentions de cette femme sont nobles (du style : le pénis est la partie sacrée de l’homme).

Le rapport à l’érection pouvant remplir une encyclopédie à lui seul, le présent éditorial ne prétend pas couvrir entièrement le sujet. S’il réussit à vous interpeller d'une façon ou d'une autre, son but est atteint. A vous d'approfondir le sujet.

Mais, quoi que vous cherchiez ou trouviez, sachez que nous sommes plus assortis à certains partenaires qu’à d’autres. Parfois, il n’y a rien d’autre à trouver qu’une incompatibilité toute naturelle.

Bonne érection.

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(1) Extrait de « Mon Sissoyen » interprété par Arno, une chanson de l'album « Ratata » (1990) et repris sur la compilation « Tracks from the story » (1992), Virgin Records.

(2) Lisez à ce sujet « Faire l’amour de manière divine » de Barry Long, paru aux éditions A.L.T.E.S.S.

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